L'Inde a été le témoin de plusieurs migrations humaines aux temps Paléolithique et Néolithique. Les précédentes études génétiques sur ce pays ont mis en évidence deux composantes ancestrales: Ancestral North Indian (ANI) et Ancestral South Indian (ASI). D'autre part les anthropologues considèrent que des tribus de chasseurs-cueilleurs des îles Andaman et Nicobar situées dans l'océan Indien sont la clef pour comprendre le peuplement de l'Asie du sud-est, des îles du Pacifique et de l'Australie après la sortie d'Afrique. Aujourd'hui la population Indienne est stratifiée linguistiquement, géographiquement et socialement avec une endogamie importante.
Analabha Basu vient de publier un papier intitulé: Genomic reconstruction of the history of extant populations of India reveals five distinct ancestral components and a complex structure. Il a analysé le génome de 367 individus appartenant à 20 populations Indiennes sur 803.570 marqueurs autosomaux:

Dans la figure ci-dessous, ces 20 populations sont situées géographiquement avec une couleur par langue parlée: le gris pour les populations d'Andaman et de Nicobar, le vert sont les Indo-Européens, le rouge les Dravidiens, le bleu clair pour les Austro-Asiatiques et le bleu foncé pour les Tibéto-Birmans:

Une Analyse en Composantes Principales, puis une analyse avec le logiciel ADMIXTURE ont été faites:

La première composante sépare les populations des îles Andaman et Nicobar, des populations continentales (figure A ci-dessus). Ce résultat est confirmé par le logiciel ADMIXTURE qui trouve deux composantes principales qui séparent bien les poulations des îles et celles du continent (figure B ci-dessus).
Les auteurs ont ensuite recommencé ces deux analyses en supprimant les populations des îles Andaman et Nicobar:

Cette fois ci, le logiciel ADMIXTURE (figure B ci-dessus) met en évidence quatre composantes ancestrales qui forment des groupes distincts dans l'Analyse en Composantes Principales (figure A ci-dessus). Ces quatre groupes permettent de séparer les populations Indo-Européennes (en vert), Dravidiennes (en rouge), Austro-Asiatiques (en bleu clair) et Tibeto-Birmanes (en bleu foncé). La composante correspondant aux populations Indo-Européennes est ANI, aux populations Dravidiennes est ASI, aux populations Austro-Asiatiques est Ancestral Austro-Asiatic (AAA) et aux populations Tibeto-Birmanes est Ancestral Tibeto-Burman (ATB). Dans l'Analyse en Composantes Principales, la composante PC1 permet de séparer les populations Tibéto-Birmanes et la composante PC2 permet de séparer principalement les populations ANI et ASI. Les populations tribales du centre de l'Inde comme les Gond et les Ho se retrouvent en position centrale dans l'Analyse en Composantes Principales. Elles sont effectivement très hétérogènes et connues pour être mélangés ethniquement. Ce qui est confirmé par le logiciel ADMIXTURE.
La table ci-dessous donne la proportion des quatre ascendances pour chacune des 18 populations continentales:

Les auteurs ont ensuite estimé la période durant laquelle le mélange génétique entre les différentes composantes ancestrales à cessé. Ainsi pour toutes les castes supérieures, sauf les Manipuri Brahmin, l'endogamie a commencé il y a environ 70 générations, ce qui correspond à environ 1575 ans si on prend 22,5 années par génération. Cette période correspond à l'empire de Gupta entre 319 et 550 an ap. JC. Cependant les populations Tibeto-Birmanes se sont mélangées plus tard pour s'arrêter il y a entre 1500 et 1000 ans. Le règne des empereurs Gupta, connu pour être l'âge du Brahmanisme Védique, a été marqué par des lois morales et des principes religieux plus stricts qui ont conduit à une endogamie importante dans la société Indienne.
L'analyse génétique de la population Indienne contemporaine révèle cinq composantes ancestrales
mercredi 27 janvier 2016. Lien permanent Génétique des populations
