En France occidentale plus de 100 sites domestiques et près de 300 tombes campaniformes sont connus. Environ 20 bâtiments campaniformes sont identifiés, et la majorité d'entre eux sont en forme d'amande (triangles jaunes ci-dessous).

2021_MaisonsCampaniformes_Figure8.jpg, juil. 2021

Leur superficie s'étend entre 36 et 95 m2. La plus grande a 20 m de long. En général leur largeur la plus grande (environ 7,50 m) est située au sud-est et leur largeur la plus petite (environ 2,0 m) est située au nord-ouest. Les murs extérieurs sont identifiés par des tranchées de 30 cm de large. Elles contenaient des poutres de bois verticales juxtaposées qui formaient l'ossature des murs extérieurs recouverts de torchis. L'entrée de la maison était située sur la largeur la plus grande, donc au sud-est. Elle était marquée par deux poutres de bois plus importantes que celles qui formaient les murs.

2021_MaisonsCampaniformes_Figure9.jpg, juil. 2021

Ces bâtiments ont fourni quelques tessons de poterie campaniforme. Les datations radiocarbones réalisées sur des charbons de bois indiquent des dates situées pour la plupart entre 2430 et 2150 av. JC. Cependant les dates les plus anciennes sont situées sur les sites de La Tourelle à Lamballe (Côtes d'Armor) et Le Coin des Petits Clos à Trémuson (Côtes d'Armor) et donnent des datations entre 2660 et 2460 av. JC. Plusieurs sites archéologiques ont fourni plusieurs maisons: Le Coin des Petits Clos à Trémuson (deux maisons), Creac'h ar Vrenn à Cléder (Finistère) (trois maisons) et Le Haut Brétorin à Le Pertre (Ille et Vilaine) (deux maisons). L'ensemble de ces bâtiments partagent une culture architecturale commune. La majorité est située en Bretagne mais les plus éloignées sont situées en Normandie à La Delle du Poirier à Saint André sur Orne et en Charente au Chemin des Prés à Ars en Saintonge. Ces maisons sont différentes architecturalement des maisons précédentes de la fin du Néolithique.

Tout récemment une fouille archéologique réalisée par l'INRAP à Keraorec, à Concarneau a mis en évidence un ensemble de quatre maisons campaniformes en forme d'amande. L’entrée se situait systématiquement à l’est. Une série de poteaux de bois jointifs étaient installés dans la tranchée : les uns servaient de support à la structure des bâtiments ; les autres à la constitution des parois. Quelques éléments de terre cuite, découverts au cours de la fouille, indiquent que les murs des bâtiments étaient édifiés à l’aide de torchis. Les bâtiments campaniformes de Concarneau sont organisés en deux ensemble distincts, distants entre eux d’une centaine de mètres, constitués chacun d’une paire de deux bâtiments, de même taille, de même orientation et quasiment accolés. Pour chaque paire, l’une des constructions livre un foyer domestique en son centre - découverte inédite pour cette période - tandis que l’autre n’en possède pas, ce qui laisse penser que les deux bâtiments remplissaient des fonctions différentes. La fouille de ces édifices a permis de mettre au jour de nombreux fragments de céramique appartenant au registre des céramiques domestiques, utilisées dans la vie quotidienne. Cette découverte est, elle aussi, inédite pour la région car seules les céramiques d’apparat, généralement liées à un contexte funéraire, étaient connues jusqu’à présent. Du mobilier lithique a également été recueilli au sein de ces constructions, notamment des fragments de meules en granite fonctionnant selon un mouvement de va-et-vient.