La civilisation Étrusque a occupé une large région d'Italie Centrale durant l'Âge du Fer incluant les régions actuelles de Toscane, Latium et Ombrie. Cette culture est renommée pour ses compétences en métallurgie, ses représentations sophistiquées et sa langue disparue non Indo-européenne. L'origine de cette population a longtemps été débattue avec deux hypothèses principales: une origine Anatolienne/Égéenne ou une origine autochtone.

La civilisation Étrusque a fini par par être assimilée à la République Romaine aux 4 et 3ème siècles av. JC., bien que ses traditions religieuses et culturelles ont persisté pendant plusieurs siècles. A la chute de l'empire Romain cette région a été conquise par des groupes d'origine Germaniques comme les Lombards avant d'être incorporée dans l'empire Germanique Carolingien en l'an 774.

Cosimo Posth et ses collègues viennent de publier un papier intitulé: The origin and legacy of the Etruscans through a 2000-year archeogenomic time transect. Ils ont séquencé le génome de 86 individus datés entre 800 av. JC. et 1000 ap. JC. dont 70 individus d’Étrurie et 16 individus du site archéologique des thermes de Venosa dans la région Basilicate en Italie du sud datés du 8ème siècle ap. JC:

2021_Posth_Figure1.jpg, sept. 2021

Les auteurs ont réalisé une Analyse en Composantes Principales. Dans la figure ci-dessous, la plupart des anciens Étrusques (losanges rouges) se regroupent ensemble avec les populations actuelles de la péninsule Ibérique. Ces résultats suggèrent une origine autochtone pour les Étrusque:

2021_Posth_Figure2A.jpg, sept. 2021

Cependant quelques individus forment trois groupes d'outliers. Quatre individus (losanges vert clair) sont déplacés vers les populations d'Afrique du Nord, trois individus (losanges bleu clair) sont déplacés vers les populations d'Europe Centrale et un individu (losange jaune) est déplacé vers les populations du Proche-Orient suggérant des relations entre le monde Étrusque et ces régions: Carthage, Celtes, ...

Les auteurs ont également fait une analyse avec le logiciel ADMIXTURE. Dans la figure ci-dessous, les anciens Étrusques (non outliers) possèdent trois composantes ancestrales principales: chasseurs-cueilleurs de l'ouest en bleu, fermier du néolithique en orange et pasteurs des steppes en vert:

2021_Posth_Figure2C.jpg, sept. 2021

En plus, les Étrusques outliers déplacés soit vers les populations d'Afrique du Nord, soit vers les populations du Proche-Orient possèdent une composante fermier néolithique d'Iran (en violet).

En moyenne les anciens Étrusques possèdent environ 25% d'ascendance Yamnaya ou 50% d'ascendance Campaniforme d'Europe Centrale. Les Étrusques outliers déplacés vers les populations d'Europe Centrale possèdent encore plus ascendance des steppes. Ils ne sont pas issus d'un mélange génétique avec la population locale:

2021_Posth_Figure3B.jpg, sept. 2021

Les anciens Étrusque déplacés vers les populations Nord Africaines semblent issus d'un mélange génétique entre une population locale Étrusque et une population Nord Africaine. Enfin l'unique Étrusque déplacé vers les populations du Proche-Orient peut être modélisé comme issu d'un mélange génétique entre une population Étrusque et une population du Caucase comme les Arméniens de l'Âge du Bronze.

Durant la première moitié du premier millénaire ap. JC., on observe un déplacement des individus vers les populations du Proche-Orient. Ils forment un cluster appelé Italie_imperial qui peut être modélisé comme issus d'un mélange génétique entre une population Étrusque et une population Levantine ou Anatolienne (entre 38 et 59%):

2021_Posth_Figure4B.jpg, sept. 2021

L'analyse des anciens individus de la seconde moitié du premier millénaire ap. JC. montre un déplacement vers les populations d'Europe Centrale:

2021_Posth_Figure5A.jpg, sept. 2021

Ces individus ont moins d'affinité génétique avec les populations de l'est de la Méditerranée par rapport aux individus de la Rome impériale. Ils peuvent être modélisés comme issus d'un mélange génétique entre une population de la Rome impériale (60 à 90%) et une population d'Europe du Nord ou de l'est comme les Lombards de Hongrie ou d'Italie du Nord (10 à 40%):

2021_Posth_Figure5B.jpg, sept. 2021

Enfin la comparaison entre les anciennes populations médiévales et la population actuelle d'Italie suggère une forte continuité génétique depuis le Moyen-Âge en Italie, que ce soit en Toscane ou en Italie du Sud:

2021_Posth_Figure5C.jpg, sept. 2021